... INTERVIEW ...
Robert LAFONT
Directeur des Publications
Le présent, l'avenir
Et à ceux qui pourraient venir vous rejoindre, dans votre Groupe ?Ne venez pas si vous cherchez le conformisme. Venez si vous avez de l’énergie, de la motivation, des idées. Il y a des places à prendre, mais cela n’est pas facile. La valeur «travail» est aussi une des grandes valeurs de notre Groupe.
Ce qui vous manque pour être heureux dans votre Groupe ?
Je crois que l’on ne peut pas être un patron de presse digne de ce nom si l’on n’a pas, un jour, rêvé d’avoir au moins un quotidien ou un news d’actualités. Je ne dis pas que je ne le ferai pas mais je dis que, pour l’instant, ce n’est pas le moment… Ce n’est pas, non plus, un cauchemar, mais je pense que la presse quotidienne française n’est pas adaptée. La presse télé est très verrouillée. Si on y va, un jour, ce sera avec un concept novateur.
Ce que vous aimez dans la presse en général ?
Ce que j’adore, dans la Presse, c’est qu’elle permet aux gens de voir la vie différemment. Je suis un éditeur de presse… La fameuse phrase d’Albert Camus est vraiment d’actualité «un journal de la veille est complètement dépassé». Ce qui est formidable, dans la Presse, c’est le présent, c’est la surprise. D’ailleurs, je crois qu’il n’y a pas de presse sans surprises ! La presse quotidienne fait du magazine et le magazine doit de plus en plus faire du quotidien… La presse peut changer la vie.
Ce que vous détestez dans la presse en général ?
Le conformisme, l’absence de courage,le défaitisme, le cynisme et cela existe beaucoup dans la presse. Ce que je n’aime pas aussi, ce sont les journalistes qui écrivent des choses qu’ils ne pensent pas, juste pour leur carrière personnelle et ceux qui vous racontent l’inverse dans les dîners en ville.
Ce qui vous intéresse dans la Presse ?
C’est de faire découvrir, une information, une idée, un thème de caractère… C’est ça, le journalisme. Tant que je peux faire un papier quand je veux, où je veux, sans en référer. C’est le luxe suprême… Je ne dis pas que c’est ça qui me fait vivre aujourd’hui, mais cela doit exister. Je m’intéresse à plein de choses. Je suis multiforme et contradictoire. Je suis un entrepreneur de presse ! Cela veut dire un homme d’idées, qui sent la société, qui, quand il a un coup de gueule à faire passer, y va… et fonce. J’aime aussi les rencontres et les interviews, c’est une de mes passions dans la presse. Je peux être portraitiste ou polémiste, mais pas trop enquêteur dans l’investigation. Je ne suis pas assez patient et lié au détail…
Avec le recul des années, que pensez-vous vraiment aujourd'hui ?
Je pense que si vous m’aviez interviewé il y a 20 ans, je vous aurais dit que si, un jour, je faisais 25 millions d’Euros de chiffre d’affaires, avec 60 magazines, ce serait bien. J’aurais même signé tout de suite ! Ce que nous allons faire demain est, à mon avis, plus important que ce que l’on a fait hier. Ce que l’on va faire demain va être possible parce que nous avons eu, depuis 25 ans, ce parcours semé d’embûches, de difficultés, d’atermoiements, d’erreurs et de maladresses. Cela va justifier la capacité que nous aurons à changer de structure d’organisation, de méthode, mais aussi de mode de fonctionnement. On ne peut être demain ce que l’on a pas imaginé un jour.
Vous pensez aller loin comme cela ?
J’ai 52 ans, cela fait 25 ans que je fais ce métier ! Je suis un passionné. J’irai le plus loin possible comme on dit… Nous sommes au milieu du gué, ou à la mi-temps d’un grand match ! Et je suis vraiment dans le match. On a pas trop mal joué. On a raté des occasions. On en a mis, on en a pris, des buts, mais, pour l’instant, nous faisons match nul… Nous sommes l’outsider qui peut gagner le match contre une grosse équipe. Ce que je sais, c’est que lors de la première mi-temps, nous avons beaucoup appris avec mon équipe. Si nous ne l’avions pas faite, nous nous sentirions moins en condition pour la deuxième mi-temps. Mais au-delà de la compétition, que chacun croit en sa vie et en son destin. Ça c’est le plus important. Le bonheur, c'est de réaliser ses rêves. Et que l'on ne me dise pas qu'il n'y a plus de rêves. Encore une idée reçu ! Voilà contre quoi je luttes.